Projet Anticipé des Soins

Anticiper les conséquences prévisibles d’une maladie implique de renforcer l’autodétermination des patients. Il s’agit de faciliter et soutenir les prises de décision, grâce à une communication étroite entre les professionnels et les patients, tout au long de leur trajectoire de soin.

Réunissant l’ensemble des acteurs du système de santé, le Réseau Santé Région Lausanne (RSRL) a lancé en 2017, le projet « Projet Anticipé des Soins »  (PAS). Il vise à :

  • Anticiper les conséquences prévisibles d’une maladie en soutenant l’autodétermination des patients dans le cadre de son projet de soin (care planning), mais également en cas d’incapacité de discernement (advance care planning).
  • Partager, entre les acteurs du système de santé, une manière de faire commune et des outils communs.

Mis en place en direction de patient atteint de maladie chronique dégénérative, le Projet Anticipé des Soins vise à permettre l’expression des valeurs et volontés du patient sous la forme d’objectifs de soins. Ces objectifs résultent d’un processus de communication entre le patient ou son représentant et les professionnels de la santé concernant l’évolution de l’état de santé, les options de soins médicalement appropriées, leurs conséquences sur la qualité de vie et les projets de vie du patient. Ces objectifs auront pour but d’orienter les futures prises en charge en contexte de fin de vie et d’anticiper la prise de décision en cas d’urgence et d’incapacité de discernement (Définition adaptée des Niveaux de soins de l’INESSS).

Le projet PAS vise également à permettre aux professionnels de disposer de repères communs leur permettant de proposer tout au long du parcours de santé du patient, une prise en charge en accord avec les objectifs décidés par ce dernier.

Exemple concret

Par exemple, ce Projet Anticipé des Soins aurait pu éviter la situation suivante [situation extraite de : Les soins de fin de vie…parlons-en avant qu’il ne soit trop tard. Lucie Baillargeon et Ann Montreuil Le Médecin du Québec, volume 44, numéro 10, octobre 2009] :

Un patient de 76 ans souffrant de bronchopneumopathie chronique obstructive grave est transféré de son domicile aux urgences après un arrêt cardiorespiratoire. Il a été réanimé, puis intubé à son arrivée et ensuite admis aux soins intensifs. Sa famille est bouleversée, car le patient avait déjà dit à son fils qu’il ne voulait pas être réanimé en cas d’arrêt cardiaque.
Cette situation illustre bien l’importance d’anticiper préalablement les décisions relatives aux soins, notamment celles en lien avec la fin de vie, et d’utiliser des outils de communication permettant la prise de décision.

 

Effets attendus et perspectives :
En termes de résultats concrets, nous espérons :

  • Améliorer la cohérence entre les différentes prises en charge par différents acteurs pour un même patient
  • Diminuer des actes inutiles car non désirés
  • Améliorer l’adhésion des patients à leur prise en charge
  • Favoriser la rédaction de Directive Anticipée et de nomination de Représentant Thérapeutique
  • Diminuer l’angoisse des proches lors de prise de décision en cas d’incapacité de discernement du patient

 

Littérature et référence